La phrase du jour

“"Si le théâtre oublie le monde, le monde finira pas oublier le théâtre". Bertolt Brecht



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mercredi 25 janvier 2017

Coup de chapeau

à la Cie Machine théâtre pour Dom Juan désossé



Un spectacle sans faute de la Cie Machine théâtre.
Dans une mise en scène dépouillée, Dom Juan désossé de certaines de ses scènes "à machinerie", nous donne à entendre le texte, dans la pureté de sa langue, encore si actuel de nos jours ; sans spolier,  la séquence sur l'hypocrisie est un délice en ces périodes électorales.

Je cite DJ qui s'adresse à son père :
"Vous me voyez revenu de toutes mes erreurs; je ne suis plus le même qu'hier au soir, et le Ciel tout d'un coup à fait en moi un changement qui va surprendre tout le monde..."

Peu après Sgnanarelle s'adresse à son maitre:

S: " Ah, Monsieur que j'ai de joie de vous voir converti ! Il y a si longtemps que j'attendais cela, et voilà que grâce au Ciel tous mes souhaits accomplis.

DJ: Quoi tu prends pour bon argent ce que je viens de dire, et tu crois que ma bouche est en accord avec mon coeur ?

Bravo aux 2 acteurs (Cyril Amyot et Laurent Dupuy) fantastiques de justesse, n'ayant rien d'autre comme écrin que le texte et leur talent.
Je salue particulièrement la mise en scène de Brice Carayol qui s'appuie sur le jeu d'acteurs en leur laissant l'espace des tréteaux pour nous convaincre.
Je craignais qu'une Elvire jouée par un barbu ne porte à sourire mais non. L'interprétation sincère, au plus près de l'émotion du texte, est digne et émouvante.
La scène de Monsieur Dimanche, souvent omise, est aussi un régal de la façon d'abuser les petites gens par le discours.
Et si on sait lire entre les mots, la parole de Dom Juan est un manifeste en faveur de l'athéisme et du libertinage...



Dans la programmation du Cratère d'Alès. Allez-y.

La meilleure pièce de Molière, et la plus contemporaine. On ne manquera pas de faire le rapport avec la scène de l'hypocrisie. Ce qu'on dit aux électeurs du bas et ce qu'on dit aux électeurs du haut sur la façon la plus habile de rouler les premiers.


François Fillon face aux patrons - Événements par publicsenat



samedi 14 février 2015

Coup de chapeau

Le Capital et son Singe
Un collectif de virtuoses
au Cratère d'Alès.

Vingt acteurs pour interpréter la pièce mise en scène par Sylvain Creuzevault.

“Le capital est du travail mort, qui ne s’anime qu’en suçant tel un vampire du travail vivant, et qui est d’autant plus vivant qu’il en suce davantage.”
"Ne pensons plus, soyons heureux."


Le Capital et son singe est un OVNI qui tient de l’épopée de shakespearienne ou du théâtre épique cher à Brecht. 
Le sujet c’est le capitalisme dans sa force historique, sa violence organique, orgiaque, ses mille et une ruses, mille et un artifices, sa capacité à nous faire croire qu’il n’y a pas d’autre de modèle possible, qu’en dehors de la sphère capitaliste, point de salut et que l’aliénation est inéluctable, et que notre vie doit se passer sous le joug du salariat. Un salaire qui nous permet à peine d'acheter (vendu avec un bénéfice) ce que l'on a produit en vendant sa force de travail.

Ce spectacle, élaboré collectivement - improvisation, écriture au plateau, remise en chantier quotidienne -  s’empare du Livre de Marx, Le Capital, texte élaboré à la fin de sa vie et resté inachevé, édité en 1867.
Si tout le monde connaît le titre bien peu de gens l’on lu, alors en faire une pièce de théâtre est osée. D’autres s’y sont frotté aussi avec succès: par exemple Jacques Allaire et Luc Sabot (Marx matériau, extention, production Théâtre des treize vents.)

Marx, dans la pièce, demeure invisible, il n’est représenté que sous forme d’un masque en fil rouge. En revanche ses écrits ajoutés à ceux d’Engels -qui s’invite à la table - et beaucoup d’autres d’autres comme Walter Benjamin, le situationiste Guy Debord (dans la bouche du personnage Daniel), alimentent la conversation.
Et c’est une analyse critique extraordinaire d’une société de travail sous une organisation capitaliste de la production à laquelle on assiste, et grâce à un formidable jeu à trois on va comprendre la différence entre la valeur d’usage et la valeur d’échange.

Le choix scénographique et l’histoire

Un dispositif bifrontal met le public sur des gradins, face à face, de chaque côté d’un espace occupé par plusieurs tables mises bout à bout.
On est le 13 mai 1848, dans la salle du Club des Amis du Peuple, rue Transnonain, à Paris.

Le spectacle débute de façon anachronique par rapport au lieu.

Trois voix pour un corps. 
Brecht reçoit Michel Foucault et Freud. C’est plein de références, la distanciation, das Verfremdung, le rapport entre le pouvoir et le savoir. Le gardien unique de "Surveiller et punir", les obséssions brechtiennes (on va le retrouver celui-là) dans la scène de la noce. C’est hilarant tant ça fourmille de rapprochement et d’intelligence.

On asiste ensuite à la réunion ce 13 mai, du nec plus ultra des républicains de tous bords, plus ou moins révolutionnaires, tièdes, mous, déçus par le gouvernement issu de la nouvelle Assemblée Constituante, fraîchement élue au suffrage universel direct masculin... (là... les femmes protestent). 
Pourtant, cette assemblée est bien peu favorable aux mesures sociales, puisqu’elle est en majorité monarchiste ! Parmi les mécontents on retrouve autour de la table : le chimiste et homme politique Vincent-François Raspail, le socialiste Auguste Blanqui et son copain Armand Barbès, Louis Blanc et sa barbe… Le jeune Engels, ami et collaborateur de Marx assis en bout de table. L'Assemblée entend s'affranchir de la pression populaire ? Attention, le peuple ne se laissera pas faire, le souvenir de la révolution de 1792 est encore chaud.

Tous ces gaillards discutailllent des moyens de la révolution autour d’assiettée de lentilles et de saucisses (de ma place, c’était rose). L’ombre de Marx plane, car il a publié au début de la même année, le Manifeste du parti communiste.

Et le tricotage continu. 
Ils nous transportent en 1919, dans l’Allemagne défaite et en crise après la révolution, dans un repas de noces (référence à la noce chez les petits bourgeois de B. B., l’armoire que le marié à faite lui même, la marié enceinte…) mais en plus s’invitent dans la conversation Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, la défunte république de Weimar. Un ouvrier fait devant son patron l’apologie de la mécanisation et de la chaîne. À la fin apparait Spartacus !

Tricotage encore, en assiste à une improbable séance du procès de Bourges. 
Ce procès vire au vinaigre. Les accusés pressent des oranges...
Blanqui assure sa défense en faisant perdre pied à la cour, Raspail fait son cirque, Barbès tourne la cour en ridicule.
Les acteurs réinventent ce procès fantasque avec les armes du théâtre, le jeu, rire et la dérision. Et c’est un autre grand moment de ce spectacle.

La fin sur un chant de la Commune de Paris, La semaine Sanglante, émeut aux larmes.

Sauf des mouchards et des gendarmes
On ne voit plus par les chemins
Que des vieillards tristes en larmes
Des veuves et des orphelins
Paris suinte la misère
Les heureux même sont tremblants
La mode est au conseil de guerre
Et les pavés sont tout sanglants

REFRAIN
Oui mais ça branle dans le manche
Les mauvais jours finiront
Et gare à la revanche
Quand tous les pauvres s’y mettront (bis)

On traque on enchaîne on fusille
Tous ceux qu’on ramasse au hasard
La mère à côté de sa fille
L’enfant dans les bras du vieillard
Les châtiments du drapeau rouge
Sont remplacés par la terreur
De tous les chenapans de bouges
Valets de rois et d’empereurs…

Musique : Pierre DUPONT Paroles: Jean-Baptiste CLÉMENT

jeudi 23 octobre 2014

Coup de chapeau à Thomas Joubert

Pour une fois, c'est un coup de chapeau "en famille" puisque Thomas est mon fils.Il est journaliste et chroniqueur sur Europe 1. 


Il vient d'écrire pour les Editions Gründ dans la série beaux livres un ouvrage sur les années TOP 50 pour les trente ans de cette institution musicale. 

Sortie du livre le 23 octobre dans toutes les librairies

FNAC Champs elysées



Fnac Lille



Dans l'émission La mécanique des ondes, sur une radio associative, il parle de sa passion pour la radio et il en parle fort bien.
En l'écoutant, on comprend que le travail et la passion s'ils sont associés au talent, permettent de réussir dans un petit monde où il n'est pas facile de se faire une place.
On lui souhaite la réussite qu'il mérite. Il est l'invité de Michel Drucker dans Vivement Dimanche le 12 octobre 2014 à 14h10





lundi 23 septembre 2013

Coup de Chapeau

Au salon du livre des bibliothèque Cèze-Cévennes.

Le temps automnal avait les couleurs de l'été, le paysage avec lac et jet d'eau appelait à la rêverie.
Une bonne organisation. Des visiteurs curieux, des discussions autour des ouvrages, un peu de vente et beaucoup de plaisir. Un grand merci aux organisateurs et partenaires et tout spécialement à isabelle Rogé et à la librairie "Le petit Diablotin" de Barjac avec qui nous avons lié de fructueux contacts en vue d'une séance de lecture-dédicace en hiver.

























mercredi 8 mai 2013

Coup de chapeau au...

Vin (bio) nouveau de la cave de Massillargues Attuech, commune sans pesticide.







Les commémorations et les discours autour des monuments aux morts n'étant pas ma tasse de thé, j'ai plutôt choisi d'aller célébrer le vin nouveau au caveau de Massillargues-Attuech. 
En reconversion bio depuis 3 ans, la première cuvée portant le label a été vinifiée cette année. 

Blanc, Rosé, Rouge, ça se décline en trois couleurs, des assemblages réussis de cépages régionaux, portant le joli nom de Terre Figuière. Pour accompagner le tout des moules cuites aux sarments de vigne! Un délice et pour finir Pélardon.






Nous étions nombreux venus en voisins rendre hommage aux produits de la vigne dans cette petite commune qui a réussi à associer l'ensemble de sa population à la culture sans pesticide et sans engrais chimique. Cela mérite d'être salué..  Soleil et chaleur bonne humeur et musique. 


Samedi prochain c'est Tornac qui va présenter ses produits. 


Le bonheur de vivre en Cévennes!